| Marc Mennessier | Histoire d'un fiasco judiciaire
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''Un plaidoyer revigorant pour un journalisme de qualité.''
Mathieu Quiret (Les Echos)
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QUAND LE PROCUREUR DE TOULOUSE ME MENACAIT DE FAIRE PARTIE DE LA LISTE DES VICTIMES D'AZF, le 25 mars 2009
Il y a deux possibilités : soit l’ancien procureur de Toulouse, Michel Bréard, a menti, hier, sous serment devant le tribunal correctionnel de la capitale de Midi-Pyrénées soit sa mémoire a des trous. Eu égard au respect que je témoigne pour l’éminente fonction occupée par ce magistrat aujourd’hui en poste à Bordeaux (mais uniquement pour ça…), je privilégierai la seconde hypothèse.
L’homme qui, trois jours après la catastrophe, a prétendu "à 99%" (voir article ci-dessous) qu’elle était d’origine accidentelle, s’est permis de livrer aux juges une version très personnelle de l’échange téléphonique que nous avons eue, tous les deux, le 3 octobre 2001 au matin et que j’ai évoquée lors de mon audition devant ce même tribunal, le 19 mars dernier.
Lors de cette conversation édifiante que je ne suis pas près d’oublier, M. Bréard, que j’avais vainement tenté de joindre la veille pour obtenir des précisions sur la liste des victimes de l’explosion d’AZF, m’a déclaré : « Mais vous n’en avez pas besoin de cette liste, d’ailleurs vous la connaissez, vous allez bientôt en faire partie ! » Texto. Je jure, comme je l’ai fait jeudi dernier devant le tribunal, en levant la main droite que « c’est la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ».
Comme je l’ai expliqué au président Thierry Le Monnyer, je ne pense quand même pas que le procureur envisageait de m’éliminer physiquement en faisant appel à quelque tueur à gages. Il est certain, en revanche, qu’il a mis sa menace à exécution en cherchant à me tuer professionnellement. J’en veux pour preuve que, quelques semaines plus tard, Bréard a engagé à mon encontre des poursuites judicaires pour « diffusion de nouvelles fausses de nature à troubler la paix publique. »
La manoeuvre a fort heureusement échoué puisque j’ai été relaxé en juin 2002, la justice toulousaine ayant reconnu ma bonne foi. Mais, en cas de condamnation, les conséquences auraient pu être terribles pour la suite de ma carrière : « accuser un journaliste de divulguer sciemment des mensonges, c’est comme accuser un médecin de tuer ses malades» avais-je fait remarquer aux juges.
Hier, et sans que personne ne le lui demande, Bréard est revenu sur l’incident en ces termes : « Monsieur Mennessier a fait allusion ici au fait que je lui aurais dit qu'il serait l'une des prochaines victimes d'AZF. M. Mennessier s'était procuré ma ligne directe en se présentant comme grand reporter au Figaro, et commençant à vitupérer contre les experts, de façon que j'ai estimée déplacée, je le lui ai dit, en disant effectivement qu'il serait une victime d'AZF, mais au vu de la diffamation."
Voyons d’abord le positif : Bréard, si je me fie à ses propos recueillis par Sabine Bernède sur le blog de La Dépêche du Midi (1), a bel et bien reconnu m’avoir « dit » que je serai l’une des prochaines victimes d’AZF. J’avoue que je ne m’attendais pas à ce que le magistrat se mette aussi facilement et spontanément à table. Cet homme m’étonnera toujours…
Mais pour le reste, l'ancien procureur de Toulouse, qui s’est pris, dans un moment d’égarement sans doute, pour l’un des acteurs du célèbre film « Les Tontons flingueurs » (2), a tout faux. Primo, je ne me suis jamais procuré sa ligne directe, comme il le prétend (même si elle ne devait pas être très difficile à obtenir…). La vérité est qu'après avoir vainement tenté de le joindre la veille, M. Bréard m’a rappelé sur mon portable dont j’avais laissé le numéro à son assistante ainsi que le motif de mon appel.
Secundo, je n’ai jamais « vitupéré contre les experts » lors de cet échange très bref, que je n'ai malheureusement pas pu enregistrer, puisque Michel Bréard m’a raccroché au nez au bout d’une minute. Enfin, il n’a jamais été question non plus de « diffamation ». Le magistrat m’a d’ailleurs poursuivi pour un délit autrement plus grave : « la diffusion de fausses nouvelles », défini par la loi sur la presse de 1881, et normalement destiné à être invoqué en temps de guerre lorsqu’un journaliste, par ses propos mensongers, porte atteinte au moral de la Nation toute entière. Rien que ça !
A ma connaissance, je ne pense pas que depuis 120 ans, des poursuites aient été engagées contre des journalistes sur la base de cet article, au moins en temps de paix. Mais Bréard, obsédé qu’il était par les risques de troubles à l’ordre public, allant jusqu’à invoquer le meurtre d’un Maghrébin dans une discothèque toulousaine au lendemain de l’explosion (mais dont personne n'a, jusqu'à présent, retrouvé la trace dans les fichiers de la police !), se croyait sans doute en temps de guerre…
Mais le plus affligeant pour moi, dans cette affaire, reste qu'aucun des journalistes qui suivent ce procès n’a jugé utile d'informer ses lecteurs ou ses auditeurs qu’un de leurs pairs avait été menacé de manière aussi brutale et grossière par le procureur d'une métropole régionale comme Toulouse. J’ai pourtant été interviewé à ma sortie de la salle d’audience par des collègues de France 3 Sud, Europe 1, RMC, RTL et quelques autres.
Du coup, je m'interroge : en aurait-il été de même si j’avais révélé sous serment qu’un haut cadre de Total (je dis ça au hasard bien sûr…), m’avait proféré les mêmes menaces sous prétexte que mes articles n’avaient pas l’heur de lui plaire ? N’aurait-on pas entendu des voix nombreuses s’élever contre cette atteinte scandaleuse à la liberté de la presse ? Même le quasi aveu de Bréard hier, à la barre, ne les a pas fait d’avantage réagir… C’est ce que j’appelle de l’indignation à géométrie variable. Pour ne pas dire du parti pris.
Notes :
(1) Etant appelé à être réentendu comme témoin le 28 avril prochain, je ne peux toujours pas assister aux débats, au moins jusqu’à cette date...
(2) Voir à ce propos le clip en forme de clin d'oeil réalisé par Geopolintel : http://www.lepost.fr/article/2009/03/23/1468448_proces-azf-et-les-tontons-flingueurs.html M. M.
90 OU 99% ? LA PRESSE FRAPPEE D'UNE ETRANGE AMNESIE, le 25 mars 2009
Michel Bréard n’est manifestement pas le seul à avoir la mémoire qui flanche au cours de ce procès. En témoigne la polémique ubuesque sur le fait de savoir si l'imprévisible magistrat a dit, le 24 septembre 2001, lors de sa conférence de presse, qu’il privilégiait l’accident à « plus de 90% » ou à « 99% ».
Lors de mon audition, le 19 mars, l’avocate de la CGT en avait fait toute une histoire m’accusant même de «distordre» les faits, sous prétexte que l’enregistrement de Fance 3, conservé à l’Institut national de l’audiovisuel (INA), montre effectivement Bréard parler d’une probabilité à 90%. La belle affaire !
Dans son article d’hier, Dominique Delpiroux de la Dépêche du Midi, y est allé lui aussi de son couplet en écrivant que «selon certains médias, Michel Bréard aurait même parlé de 99 % de chances.» La formule vaut son pesant de cacahuètes.
En effet ce ne sont pas « certains médias » (suivez mon regard...) qui, à l'époque, "auraient" donné ce chiffre de 99% mais tous les médias ! A commencer par l’AFP, dont les dépêches datées du 24 septembre 2001 (je les tiens à disposition), et celles qui ont été diffusées dans les semaines et les mois qui ont suivi, ne parlaient que de ce pourcentage. Mais aujourd’hui, Dominique Beaujouin, le correspondant de l’agence à Toulouse, qui était pourtant déjà à la manœuvre en 2001, ne parle plus que de « 90% ». Cherchez l'erreur...
La presse écrite et audiovisuelle a-t-elle été collectivement victime d’hallucinations auditives ? La réalité est que Bréard a vraisemblablement prononcé les deux chiffres et que l’INA n’a conservé qu’une seule version. Pour ma part, n’ayant pas assisté physiquement à cette fameuse conférence de presse, j’ai repris, comme beaucoup de monde d’ailleurs, le chiffre de 99% donné par l’AFP. Mais le moyen le plus court de clore le débat ne serait-il pas que les radios et les télés, autres que France 3, aillent remettre le nez dans leurs archives ?
Sur le fond maintenant, tout le monde aura noté que Michel Bréard a piteusement reconnu devant les juges qu’il avait « dérapé ». « Je n'aurais jamais dû parler de ce pourcentage » a-t-il déclaré à la barre. Une erreur qu’il impute « à des journalistes qui voulaient que ce soit un attentat » et qui l’ont poussé à bout après l’avoir « pris à partie ».
Encore la faute de la presse, décidément ! Sauf à faire preuve de beaucoup d'ingratitude, le magistrat aurait pourtant tort de se plaindre du traitement que cette dernière lui a réservé tout au long de sa "gestion"de l'affaire. La plupart des journalistes n’ont-ils pas suivi tête baissée l’orientation, pour le moins hâtive et contestable, qu’il a donnée à l’enquête ?
Ce qu’il n’a d’ailleurs pas nié lorsque le président du tribunal, Thierry Le Monnyer, a évoqué devant lui les « dégâts collatéraux » causés par ses déclarations intempestives. « La police a eu des difficultés ensuite dans son contact avec les employés de Grande Paroisse(filiale de Total, propriétaire de l'usine AZF). Et puis, comme cela indiquait une piste précise, certains, sans aller jusqu'à la théorie du complot, ont pensé que côté instruction, tout était joué » lui a fait remarquer M. Le Monnyer (1).
Curieusement personne, y compris dans les rangs de la défense, n’a relevé que c’était la première fois que Bréard se remettait ainsi en cause. Interviewé en juin 2002, par la chaîne de télévision locale TLT, à propos de ce célèbre pourcentage, le magistrat était resté droit dans ses bottes : « Alors moi, je ne regrette rien. Si c’était à refaire, je le recommencerais parce qu’il y avait des nécessités d’ordre public. » Qu’est-ce qui l’a fait changer d’avis depuis ? On ne le saura sans doute jamais.
Même chose pour « les éléments techniques » qui l’ont poussé à privilégier aussi fortement la thèse de l’accident et à « exclure », de manière « formelle » l’hypothèse de l’attentant.
Interrogé par Me Jean-Luc Forget, avocat de l’association des anciens salariés de l’usine, sur l’explication fantaisiste qu’il avait donnée à l’époque («un processus physico-chimique qui s’est déroulé sur quatre-vingts ans et qui s’est accéléré dans les jours qui ont précédé l’explosion»), l’ancien procureur a répondu qu’il avait « pris conseil auprès de Daniel Van Schendel», l’expert judicaire en explosifs (et en feux d’artifice) à qui il avait lui-même confié l’affaire.
Manque de chance, ce dernier, auditionné, un peu plus tôt dans l’après-midi, avait déclaré « n’avoir jamais rien dit de tel à M. Bréard.» Lequel des deux a dit la vérité ? Amstramgram...
(1) Transmis à Dominique Delpiroux de la Dépêche du Midi à qui je viens de demander un droit de réponse pour avoir écrit, entre autres amabilités, dans son article du 20 mars 2009 qu'avec moi, "la théorie du complot a mis les deux pieds dans le prétoire". Toujours ce sens aigu de l'objectivité qui caractérise la rédaction du quotidien toulousain !
AZF ET LES CARNETS D'YVES BERTRAND : L'HUMANITÉ A PUBLIÉ MON DROIT DE RÉPONSE !, le 05 mars 2009
La persévérance finit par payer. Des fois...
Alors que j'étais sans nouvelles depuis un mois, j'ai appris hier par voie postale que l'Humanité avait publié le droit de réponse que j'avais exigé suite à la diffusion, le 3 février, d'un article contenant de graves erreurs factuelles. L'auteur m'accusait, ni plus ni moins, d'avoir participé à un complot médiatico-judiciaire, fomenté par l'ancien patron des RG, visant à faire accréditer la thèse islamiste (cf ma Newsletter du 04 février).
L'information n'ayant pas un lien direct avec le procès en cours dans lequel je suis appelé à témoigner le 19 mars prochain, j'ai décidé de briser le silence que je m'étais imposé pas plus tard qu'il y a trois jours...
Voici donc le texte publié par L'Humanité dans ses éditions du 25 février 2009 sous le titre "PRECISION".
Suite à l'article paru dans nos colonnes, le 3 février, sous le titre "Yves Bertrand a-t-il alimenté la piste islamiste", le journaliste du Figaro, Marc Mennessier nous demande de préciser qu'il "n'était pas en contact avec Yves Bertrand, pour la bonne et simple raison, qu'à cette époque, il ignorait l'existence et même le nom de ce haut fonctionnaire." C'est "par un tout autre canal", indique-t-il qu'il a "appris l'existence d'Hassan J., cet ouvrier intérimaire retrouvé mort près du cratère laissé par l'explosion dans une tenue vestimentaire évoquant celle des kamikazes islamistes, et pris connaissance de la fameuse note blanche du 03 octobre 2001."
Selon lui, "rédigé par un policier des RG toulousains, à qui le SRPJ - et non Yves Bertrand...- a demandé d'enquêter sur les milieux islamistes quelques heures seulement après l'explosion, ce document s'appuie notamment sur deux procès verbaux, émanant l'un de la gendarmerie l'autre de la sûreté publique", auxquels il a eu accès. Il précise enfin que, "cités par des parties civiles, ces fonctionnaires de police (qui auraient, selon lui, été empêchés d'investiguer sur cette piste "viendront témoigner lors du procès qui s'est ouvert à Toulouse". Dont acte.
Un seul regret : le journaliste qui a fait, somme toute, un honnête résumé de ma missive initiale, a oublié de citer les trois lettres : A Z F.
Du coup le lecteur qui n'a pas lu l'article incriminé a du avoir un peu de mal à se repérer. Mais bon, l'essentiel a été fait...
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M. M.
LE GROUPE TOTAL ET SON EX-PDG SUR LE BANC DES PRÉVENUS : "UN TOTAL NON-ÉVÉNEMENT !", le 02 mars 2009
La présence de Total et de son ex-pédégé Thierry Desmarets sur le banc des prévenus est-elle une « victoire » si l’on en juge par les déclarations triomphales qui ont suivi, jeudi, la décision du tribunal ? « Cela fait sept ans que l’on attendait ça ! » exultait Frédéric Arrou, le président de l’Association des sinistrés du 21 septembre, à l’issue de l’audience.
L’AFP a même jugé utile, le lendemain, de faire partager à la Terre entière, la réaction de l’omniprésent José Bové, saluant comme il se doit « l’inculpation » de Total et de Desmarets. Non seulement le terme n’est plus utilisé depuis plus d’une décennie (il a été remplacé par « mise en examen ») mais son emploi est, en l'occurence, inapproprié.
Les cinq juges du tribunal correctionnel de Toulouse, présidé par Thierry Le Monnyer, ont simplement décidé de « joindre au fond » la demande de citation directe de Total formulée en septembre dernier par une cinquantaine de sinistrés défendus par l’avocat Me Christophe Lèguevaques, avec qui j’ai croisé le fer dans le Figaro Magazine, la semaine dernière (à lire dans la revue de presse de mon site) et qui a littéralement planté ses clients quelques jours avant le procès pour se mettre au service de la ville de Toulouse, elle aussi partie civile (cf Newsletter du 22 février 2009).
Mais, contrairement à ce qui a été claironné dans de nombreux médias, les magistrats ne se sont pas prononcés sur la recevabilité de ladite citation. Leur décision, sur ce point, ne sera rendue qu’au délibéré, c’est-à-dire pas avant la… mi-novembre 2009. Par la même occasion, les juges ont décidé de joindre les deux dossiers (la demande de citation de Total et de son ex-PDG d’une part, et l’action menée contre Grande Paroisse et Serge Biechlin, l’ex-directeur de l’usine, d‘autre part). « Ce qui signifie, comme l’a dit, le président Le Monnyer, que l’on a qu’un seul dossier et quatre personnes poursuivies.»
En définitive, Total et Thierry Desmarets vont rejoindre Grande Paroisse et Serge Biechlin en tant que prévenus pendant toute la durée du procès, mais ils ne sauront qu’à la fin si la demande de citation directe demandée par les parties civiles était juridiquement fondée ou non. Ce qui leur donne le statut assez insolite, il faut le reconnaître, de prévenus « virtuels » ou « provisoires.»
Pour Me Christian Etelin, avocat de plusieurs parties civiles, « cette situation qui peut paraître alambiquée est finalement assez logique. Le tribunal n’a fait que constater qu’il était saisi d’une demande de citation directe et ne pouvait faire autrement que de la joindre au fond. Mais cela ne préjuge évidemment en rien de sa décision finale tant vis-à-vis de cette demande que vis-à-vis de la responsabilité éventuelle de Total dans la catastrophe. Si je puis me permettre, et contrairement à ce qui a été dit sur les radios ou dans les télés, ce qui s’est passé aujourd’hui est un total non-événement !»
A noter que le parquet a confirmé qu’il requérrait, comme il l’a encore rappelé jeudi, l’irrecevabilité de la demande de citation.
Sur le fond, la mise en cause du groupe pétrolier est perçue par nombre d’avocats comme une extension abusive de la notion de responsabilité collective. « Si l’on poursuit Total, il faut poursuivre également ses actionnaires ainsi que le gouvernement dont des représentants siègent au conseil d’administration du groupe ! Et tant qu’on y est, pourquoi ne pas s’en prendre au président de la république, qui a nommé le gouvernement, et aux électeurs qui l’ont élu ? » interroge Me Etelin, toujours très en verve. Trop de gens aujourd’hui veulent juger les gens pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils ont fait. Dans cette affaire, c’est Total que d’aucuns voudraient voir déjà condamné, mais dans d’autres c’est un jeune beur de banlieue que l’on va chercher à accabler sans preuve suffisante uniquement parce qu’il est beur. Quelle que soit la personne qu'ils visent, ces préjugés sont la porte ouverte à l’arbitraire. C’est ce contre quoi je me bats tous les jours, en tant qu’avocat ! »
Les débats reprennent demain à 14 h à la salle Jean Mermoz, à Toulouse.
Réagissez sur le forum de www.azfsilencedetat.com M.M.
TÉMOINS AU PROCÈS AZF: ILS SONT VENUS MAIS ILS N'ÉTAIENT PAS TOUS LÀ..., le 02 mars 2009
Parmi les 200 témoins appelés à la barre lundi 23 février, jour de l’ouverture du procès AZF, il y a ceux dont on savait qu’ils ne viendraient pas et puis il y a ceux que l'on attendait quand même un peu et qui ne sont pas venus….
Commençons par les premiers : comme je l’ai raconté dans ma dernière newsletter, Jacques Chirac s’est abrité derrière la Constitution pour prétexter son absence ainsi qu’il l’a expliqué dans une lettre adressée quelques jours plus tôt au président du tribunal, Thierry Le Monnyer.
Bien que l’article 67 du texte de la loi fondamentale ne dispense pas l’ancien président de venir témoigner dans un procès où sont examinés des faits survenus pendant son mandat, Me Laurent de Caunes, l’avocat à l’origine de cette demande, a informé les juges qu’il ne donnerait pas suite même si, comme il me l’a confié, il « ne désespère pas de voir Jacques Chirac se présenter de manière spontanée. »
En revanche, le défenseur de Monique Mauzac, dont le mari, ingénieur à AZF, a été tué par l’explosion, a maintenu sa demande de citation de Lionel Jospin, qui avait envoyé aux juges une missive un peu alambiquée dans laquelle il expliquait qu’il n’avait « rien à dire » mais qu’il viendrait quand même si les magistrats estimaient son témoignage vraiment nécessaire. Reste à savoir si le président du tribunal osera envoyer quérir par la force l'ancien premier ministre au cas où ce dernier ne se présenterait pas à la date indiquée, a priori le 19 mars… Même chose pour Laurent Fabius, ancien ministre de Finances, présent à Toulouse au moment des faits, et qui ne s’est même pas manifesté par écrit.
Plus surprenant, comme je le notais au début de ce papier, il y a eu d’autres grands absents : à savoir les responsables policiers en poste dans la Ville Rose au moment du drame qui s'est abattu sur elle et ses habitants. Aucun d’entre eux n’était là. Ni Marcel Dumas, l’ancien chef du service régional de police judiciaire (SRPJ), ni son adjoint François Bodin, ni le chef de la division criminelle, Frédéric Malon, ni Joël Bouchité le directeur des renseignements généraux : un vrai désert. Et encore j’en oublie... Détail assez incroyable : personne au SRPJ n’a voulu donner à l’huissier l’adresse de Marcel Dumas, aujourd’hui retraité. Depuis, le parquet n’a pas été capable de « loger » l’ancien chef du SRPJ...
Les deux avocats à l’origine des ces citations, Me de Caunes et Me Jean-Luc Forget, qui défend l’association des anciens salariés AZF Mémoire et Solidarité, ont déclaré lors de l’audience qu’ils persistaient à vouloir faire citer comme témoins tous ces grands flics pour qui, visiblement, l’explosion du hangar 221 n’est plus qu’un lointain –et mauvais ?- souvenir. Avec toujours la même question : le tribunal osera-t-il user de la force pour contraindre les éventuels récalcitrants à se présenter à la barre ?
Pour ma part, je comparaîtrai comme témoin, théoriquement le 19 mars après-midi (je n'ai toujours pas reçu ma convocation) à la demande de Me Forget. D’ici là, la loi m’interdit d’assister aux audiences, ce qui n’est pas très pratique pour relater ce qui s’y passe. Je vais donc interrompre la publication de cette newsletter pendant les trois semaines à venir. Mais ce n’est qu’un au revoir !
PROCÈS AZF : CHIRAC ET JOSPIN SE DÉSISTENT, BOVÉ S'INVITE, le 22 février 2009
C’est maintenant officiel : Jacques Chirac et Lionel Jospin, les deux têtes de l'exécutif au moment de l'explosion de l'usine AZF en 2001, ne viendront pas témoigner au procès AZF qui s’ouvre demain à Toulouse.
L’ancien président de la République et l'ancien premier ministre socialiste l’ont fait savoir par écrit au juge Thomas Le Monnyer, qui présidera le tribunal.
Me Laurent de Caunes, l'avocat de Monique Mauzac, dont le mari, ingénieur à AZF, est décédé lors de la catastrophe, et qui est à l'origine de cette demande de citation, a expliqué à l’agence Reuters que "Jacques Chirac a invoqué la Constitution pour ne pas honorer les débats de sa présence et Lionel Jospin a seulement précisé qu'il n'avait 'rien à dire'".
L’ancien premier ministre n’avait pourtant pas hésité à « dire » quelques heures seulement après le drame, lors d’une conférence de presse improvisée aux abords de l’usine dévastée, que l’explosion était un « accident dramatique ». Sept ans après, on a du mal à imaginer que Lionel Jospin ait pu formuler de tels propos comme ça, à partir de « rien ».
On aimerait aussi savoir pourquoi juste avant, à 12 h 31 mn exactement, une dépêche de l'Agence France Presse, diffusée dans le monde entier, affirmait que "selon les premières constatations effectuées par la police", l'explosion "serait probablement d'origine accidentelle". Or, comme je l'ai démontré dans mon livre, les policiers toulousains n'avaient pas encore eu matériellement le temps, à ce moment précis, de procéder à la moindre "constatation"...
En fin d’après-midi Jacques Chirac avait été encore plus explicite en déclarant que « les données actuelles permettent de penser » que l’explosion est due à un « accident » même s’il est « probablement trop tôt pour l’affirmer avec une totale certitude ».
Sur quelles « données » l’ancien chef de l’Etat s’appuyait-il pour privilégier à ce point une hypothèse accidentelle que les experts judiciaires ont été incapables ensuite de confirmer au bout de cinq ans d’instruction ? Voilà qui aurait été de nature à éclairer les zones d’ombres et les lacunes de ce dossier dont le gigantisme (7500 pièces, 50 000 pages) n’a d’égal que sa vacuité.
Les victimes d’AZF auxquelles Jacques Chirac avait pourtant fait part, le 21 septembre 2001, de sa « compassion » (l’ancien président n’avait-il pas créer un secrétariat d’Etat aux Victimes ?) mais aussi les Toulousains et les Français n’auront pas le droit de savoir. Silence d'Etat toujours...
La réponse des deux anciens chefs de l’exécutif aurait été "d'autant plus intéressante que, par la suite, l'hypothèse de l'accident chimique a bénéficié de la part de la justice du statut de piste unique et exclusive " argumente Me de Caunes qui « doute que le président du tribunal décide de les faire venir par la force publique. » Il en a pourtant le droit. Au moins vis-à-vis de Lionel Jospin qui, à ma connaissance, ne bénéficie pas de la protection de la Consitution.
Me Stella Bisseuil, l'avocate de l’Association des familles endeuillées, présidée par Gérard Ratier, dont le fils, Alain, a perdu la vie lors de l’explosion voit dans l'initiative de Mme Mauzac et de son défenseur « une énième manœuvre de diversion destinée à alimenter la thèse du complot d’Etat ». On ne peut que s'étonner. N’est-il pas normal, dans une démocratie comme la nôtre, que deux anciens gouvernants soient invités à venir s’expliquer sur la teneur de leurs propos tenus dans des circonstances aussi dramatiques ?
En revanche la venue demain à Toulouse de José Bové qui, pour le coup, n'a jamais mis le nez dans le dossier d’AZF ne suscite aucune réaction indignée. Après un petit tour en Guadeloupe, la semaine dernière, aux côtés des manifestants de Pointe-à-Pître, le leader altermondialiste, candidat aux élections européennes en Midi-Pyrénées, tiendra en effet une conférence de presse à quelques encâblures de la salle Jean Mermoz où le procès doit se dérouler pendant plus de quatre mois. Dans une interview accordée, il y a quelques jours à Libé Toulouse, José Bové a déclaré qu'il « souhaite que Total soit cité à comparaître » . Ceci explique-t-il cela ?
Une chose en tout cas semble parfaitement claire : ceux qui auraient des choses à dire se désistent tandis que ceux qui n’ont rien à dire s’invitent. Voilà qui promet...
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M. M.
PASSÉ À LA VILLE, L'AVOCAT Me LÈGUEVAQUES NE DEMANDE PLUS LA CITATION DE TOTAL, le 22 février 2009
Je l'ai appris aujourd'hui en fin d'après midi. Me Christophe Lèguevaques, l'avocat qui a demandé en septembre dernier au nom d'une dizaine de sinistrés d'AZF, la citation de Total et de son PDG, a laissé ses clients en rade. Et cela à quelques jours seulement de l'ouverture du procès !
Explication : Me Lèguevaques a été choisi, entre temps, par la ville de Toulouse, qui s'est portée civile le mois dernier, pour défendre ses intérêts devant le tribunal moyennant, paraît-il, la coquette somme de 75 000 euros.
Aux dernières nouvelles, on ne savait toujours pas quel avocat allait remplacer Me Lèguevaques au pied levé, la citation de Total devant être abordée lors de l'audience de mercredi. Rappelons que Grande Paroisse, propriétaire de l'usine sinistrée, est une filiale du groupe pétrochimique. Le nom d'une jeune avocate a un moment circulé mais cette dernière se serait désistée.
Le trouble est d'autant plus grand au sein du barreau de Toulouse, que Me Lèguevaques, qui partage ses activités entre la capitale et la ville Rose, dépend du barreau de Paris. Ses pairs toulousains ne peuvent donc qu'assister impuissants à son brusque changement de cap. "Comment peut-il abandonner au dernier moment les plaignants qui s'étaient embarqués avec lui dans cette croisade contre Total ? Il bafoue son serment !" s'insurge un avocat toulousain
En outre le maire de Toulouse, interviewé ce matin dans Le Journal du Dimanche , a clairement laissé entendre que la citation de Total n'était pas sa priorité et que la Ville voulait avant tout que le procès aboutisse à la manifestation de la vérité. Une stratégie judiciaire bien différente de celle prônée jusqu'ici par Me Lèguevaques que j'ai vainement essayé de contacter ce soir sur son portable pour lui poser quelques questions.
Un petit détail tout de même : mardi soir, lorsqu'il a relu le texte de l'article publié ce samedi dans Le Figaro Magazine (à lire dans la revue de presse de www.azfsilencedetat.com), Me Lèguevaques se présentait encore comme "l’un des défenseurs des victimes de la catastrophe d’AZF". Je reviendrai bien évidemment sur ce rebondissement dans une prochaine newsletter
M. M.
Interview de Monique Mauzac, professeur de chimie, sur le site Geopolintel, le 13 février 2009
Monique Mauzac, professeur de chimie à l'université Paul Sabatier de Toulouse et partie civile au procès AZF, explique pourquoi elle ne croit pas à la thèse de l'accident chimique inventée par les experts judiciaires.
Madame Mauzac a perdu son mari, ingénieur à AZF, décédé lors de l'explosion du 21 septembre 2001.
cliquez ici
APRES LE POINT, LES CARNETS DE YVES BERTRAND FONT PERDRE LA TÊTE A L'HUMANITE, le 04 février 2009
Plus de deux mois après le Point (cf. ma newsletter du 1er décembre dernier), le quotidien L'Humanité a publié dans ses éditions d'hier (cliquez ici) un article dans lequel je suis faussement accusé d'avoir relayé un complot ourdi par Yves Bertrand pour faire croire à l'opinion que l'explosion de l'usine AZF était due à un attentat islamiste.
Devant l'accumulation de contre-vérités, d'allégations et de sous-entendus infondés qui émaillent cet article dont l'auteur n'a même pas pris la peine de me contacter avant publication, j'ai pris la décision d'envoyer à la rédaction du quotidien une demande de DROIT DE REPONSE dont je vous livre la teneur en avant-première.
Bonne lecture
MM
"Monsieur le directeur de la publication,
Un simple coup de fil aurait évité à votre collaborateur, Bruno Vincens, d'écrire un tissu de contre-vérités dans l'article intitulé : "AZF : Yves Bertrand a-t-il alimenté la piste terroriste ?" publié dans vos éditions d'hier et qu'il ose baptiser "enquête".
Bruno Vincens se permet en effet de me mettre nommément en cause dans un pseudo complot médiatico-judiciaire fomenté par l'ancien patron des RG sans même avoir cherché à me contacter, ne serait-ce qu'à mon journal. Ce qui du strict point de vue de la déontologie journalistique constitue déjà une faute.
Sur le fond de l'affaire maintenant. Contrairement aux allégations de M. Vincens, je n'étais pas en contact avec Yves Bertrand, pour la bonne et simple raison, qu'à cette époque, j'ignorais l'existence et même le nom de ce haut fonctionnaire. Journaliste scientifique, envoyé à Toulouse par ma rédaction en chef pour tenter d'y voir clair sur les causes techniques de l'explosion après les explications peu crédibles avancées par la justice, je ne disposais alors d'aucun contact, d'aucune "gorge profonde", dans les milieux policiers.
C'est donc par un tout autre canal que j'ai appris l'existence d'Hassan J., cet ouvrier intérimaire retrouvé mort près du cratère laissé par l'explosion dans une tenue vestimentaire évoquant celle des kamikazes islamistes, et que j'ai pris connaissance de la fameuse note blanche du 03 octobre 2001.
Rédigé par un policier des RG toulousains, à qui le SRPJ - et non Yves Bertrand...- a demandé d'enquêter sur les milieux islamistes quelques heures seulement après l'explosion, ce document s'appuie notamment sur deux procès verbaux, émanant l'un de la gendarmerie l'autre de la sûreté publique, auxquels j'ai eu accès, ainsi que sur une source très bien implantée dans la communauté musulmane que j'ai pu rencontrer par la suite. Il ne s'agit donc ni d'un "faux" ni de rumeurs inventées de toutes pièces par Bertrand. J'ajoute que dès le 04 octobre 2001, l'auteur de ladite note a du interrompre ses recherches sur ordre de sa hiérarchie et donc de... Yves Bertrand avant d'être muté à la sûreté publique.
En outre vous n'êtes pas sans ignorer que Jacques Chirac, dont Bertrand était très proche, avait privilégié la piste accidentelle quelques heures après la catastrophe sans disposer du moindre indice. Et que cette prise de position a fortement orienté l'information judiciaire qui a suivi. Comment Bertrand aurait-il pu prendre le contre-pied d'un homme, dont on l'accuse aujourd'hui d'avoir rendu bien des services, en privilégiant dans son dos l'hypothèse terroriste?
Mais il y a mieux encore. Comme je l'ai révélé dans mon livre AZF, un silence d'Etat paru en septembre au Seuil et que votre collaborateur aurait été bien inspiré de lire, des policiers du SRPJ de Toulouse -que l'on ne peut suspecter d'avoir été manipulés par Bertrand !- ont été également empêchés par leurs supérieurs d'investiguer la piste remontant à Hassan J (refus d'auditions, perquisition retardée) suite à l'examen de corps effectué sur ce dernier à la morgue de l'hôpital Purpan. Pourtant la soeur de Hassan J leur avait révélé, hors procédure, le 26 septembre 2001, que son frère "fréquentait les milieux islamistes" toulousains avant de changer radicalement de discours quelques jours plus tard lorsqu'ils furent désaissis du dossier...
Cités par des parties civiles, ces fonctionnaires de police viendront témoigner lors du procès qui s'ouvrira le 23 février prochain à Toulouse. J'espère que votre collaborateur se donnera au moins la peine d'aller les écouter.
Marc Mennessier Journaliste au Figaro"
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LA VILLE DE TOULOUSE, LE DÉPARTEMENT ET LA RÉGION S'INVITENT AU PROCÈS AZF, le 21 janvier 2009
Après la ville de Toulouse, la semaine dernière, les présidents du conseil général de la Haute-Garonne et du conseil régional de Midi-Pyrénées ont annoncé, ce lundi, que leurs assemblées allaient se constituer partie civile dans le procès de l’explosion de l’usine AZF qui s’ouvre le 23 février prochain.
Fait notable : aucune de ces actions en justice ne sera assortie de demandes d’indemnités supplémentaires. Il est vrai que les trois collectivités, toutes à majorité PS, ont déjà obtenu de la société Grande Paroisse, propriétaire de l’usine sinistrée et filiale de Total, des sommes substantielles au titre des réparations.
Les motivations sont d’un autre ordre. En entendant "démontrer" le soutien du conseil général "aux familles, aux sinistrés, à tous ceux qui ont souffert de cette catastrophe" , le président du Conseil général, Pierre Izard se place visiblement sur le registre du « compassionnel ». Plus laconique, la Région indique dans un communiqué qu’elle se contentera d’une simple « action vindicative. » Quant au maire de Toulouse, Pierre Cohen, il a fait part, le 14 janvier, lors de la présentation de ses vœux à la presse, de son souci de « connaître la vérité ». « En étant partie civile, je veux prouver que la ville ne se désintéresse pas de la vérité parce qu'elle a été indemnisée" , a-t-il déclaré.
Mais une question vient tout de suite à l’esprit : pourquoi avoir attendu la veille du procès pour se lancer dans une quête aussi ambitieuse ? Elu lors des municipales de mars dernier, Pierre Cohen aurait été bien inspiré de prendre cette décision dès sa prise de fonction. Et que dire de ses collègues du département et de la région qui étaient déjà en poste en 2001 !
En effet, ce n’est pas en quelques semaines que les avocats des trois assemblées pourront prendre connaissance du volumineux dossier d’instruction relatif à la catastrophe : environ 7500 pièces cotées représentant plusieurs dizaines de milliers de pages de procès-verbaux et de rapports d’expertise scientifique d’une lecture particulièrement aride. A moins de se contenter de la lecture de « documents de synthèse » comme l’ordonnance de renvoi des deux juges d'instruction dont j’ai démontré dans mon livre les nombreux biais et qui, par-dessus tout, ne fournit aucune explication plausible de la cause de l’explosion.
Mais il est vrai que Pierre Cohen, semble avoir déjà sa petite idée sur le sujet. « Je pense que l’hypothèse retenue par le ministère public (un mélange accidentel de deux produits incompatibles) est celle qui correspond le plus à la vérité » a-t-il déclaré mercredi dernier. Ne doutant ni de son honnêteté intellectuelle, ni de ses compétences scientifiques (il a longtemps travaillé au CNRS), je suis sûr que le maire de Toulouse changera vite d’avis lorsqu’il prendra le temps de se plonger dans le dossier. Mais en aura-t-il seulement le temps…
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PROCÈS FILMÉ : LES PRÉVENUS DÉPOSENT UN RECOURS, le 21 janvier 2009
Dans un communiqué transmis hier à l'AFP, Me Daniel Soulez-Larivière signale que ses clients, l'ancien directeur de l'usine, Serge Biechlin, et la société Grande Paroisse "ont décidé de contester devant la Cour de cassation la décision de filmer le procès d’AZF, prise par le premier président de la Cour d’appel de Toulouse 15 janvier 2009".
L'avocat rappelle qu'"en application de la loi de 1985, seuls trois procès ont été filmés pour l’Histoire : le procès Barbie, pour lequel la loi a été votée, le procès Touvier et le procès Papon, s’agissant de crimes contre l’humanité."
Estimant que le procès de l'explosion de l'usine AZF "n’est pas de même nature", Me Soulez-Larivière, considère "franchement injurieuse et inéquitable cette nouvelle interprétation de la loi" qui s’appliquera pour la première fois à un procès en correctionnelle.
De fait, même s'il était prouvé que l'explosion est d'origine accidentelle, même si la responsabilité de l'entreprise était clairement établie, l'infraction visée ne peut en aucun cas être assimilée à un crime contre l'humanité. Pour ceux qui l'auraient oublié, les prévénus devront repondre devant le tribunal correctionnel de Toulouse des chefs "d'homicide et blessures involontaires" et d'infractions à la législation du travail...
"Faire une nouvelle loi pour filmer tous les procès est envisageable. Utiliser la loi Barbie dans l’affaire AZF ne l’est pas" conclut l'avocat parisien qui souligne que le parquet de Toulouse s'était opposé au "tournage" du procès.
Reste que si ce procès marathon tourne au fiasco pour l'accusation, comme cela est prévisible au vu de la faiblesse du dossier d'instruction, l'enregistrement audiovisuel des débats, à défaut d'"enrichir l'histoire de Toulouse" - comme le prétend Jacques Nunez, le premier président de la cour d'appel de la ville rose- pourra toujours être visionné dans les facs de droits. Comme un exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Mais les étudiants devront patienter vingt ans avant que les images ne soient rendues publiques.
PROCÈS AZF : LA JUSTICE CHERCHE A NOYER LE POISSON, le 10 janvier 2009
C’est triste à dire mais le procès de l’explosion de l’usine AZF qui s’ouvre le 23 février prochain, à Toulouse, paraît bien mal engagé.
L’«ébauche du plan d’audience » que le juge Thomas Le Monnyer a remis le 19 décembre aux avocats des parties civiles et de la défense, et dont je me suis procuré une copie, montre que la majeure partie de ce procès marathon, prévu pour durer entre 12 et 16 semaines, sera consacrée à l’examen de questions préliminaires sans grand intérêt pour la manifestation de la vérité proprement dite : points de procédure, historique du site, présentation des produits en cause (nitrate d’ammonium et DCCNa), aspects réglementaires…
Si le document ne comporte pas de calendrier précis, le juge Le Monnyer, qui présidera les débats a précisé oralement le 19 décembre, que « la recherche de la cause » de l’explosion ne sera abordée qu’à partir de la 11e semaine. Soit au bout de deux mois et demi seulement ! Mieux : le tribunal ne se penchera sur la thèse de l’accusation (la fumeuse théorie du « sandwich » dont j’ai démontré l’impossibilité dans mon livre) qu’à la toute dernière extrémité, juste avant les plaidoiries finales.
C’est comme si, lors d’un procès d’assise prévu pour durer une semaine, l’examen de la personnalité de l’accusé durait six jours, et que seul le dernier jour était consacré aux faits incriminés !
« Que la justice veuille faire preuve de pédagogie, à l’occasion de ce procès, c’est une chose. Mais là, on a l’impression de lire le programme d’un colloque scientifique »s’insurge Mme Monique Mauzac dont le mari, ingénieur à AZF, a péri lors de la catastrophe.
L’avocat toulousain de l’une des nombreuses parties civiles à ce procès ne cache pas son « étonnement ». « La question de la responsabilité pénale est réduite à la portion congrue. Comment condamner quelqu’un en laissant si peu de temps à l’accusation pour démontrer sa thèse et à la défense pour la réfuter ? » questionne-t-il tout en s’interrogeant sur la motivation des autorités judicaires qui, selon lui, « donnent le sentiment de vouloir exagérément cadrer les débats».
Il est permis en effet de se demander si ce bel ordonnancement ne procède pas d’un stratagème destiné à masquer l’extrême faiblesse de la thèse de l’accusation : un mélange malencontreux de deux produits incompatibles qui ne s’est produit, en fait, que dans l’imagination des experts judicaires. La justice, qui n’a aucune explication de rechange à fournir aux victimes, et au-delà, le pouvoir politique, ont toutes les raisons de craindre les répercussions d’un trop probable fiasco judiciaire. Comme cela s’était produit à Outreau, il y a quelques années.
Avantage supplémentaire : en émiettant l’audience sur des questions périphériques pendant de très longues semaines, au détriment du nécessaire débat contradictoire sur les causes de l’explosion, l’ennui risque de rapidement gagner le public et… les médias. Lesquels risquent de se faire de moins en moins nombreux au fil des semaines.
Me Daniel Soulez-Larivère, avocat de Grande Paroisse, la société propriétaire de l’usine sinistrée et de Serge Biechlin, l’ancien directeur, a fait part de son désaccord. Pas sûr qu’il soit entendu. Le juge a tout pouvoir pour organiser le procès comme il l’entend…
M. M.
PROCÈS FILMÉ : DE PESANTES RÉFÉRENCES À L'OCCUPATION, le 10 janvier 2009
Dans son édition d’aujourd’hui, la Dépêche du Midi présente la nouvelle comme une grande victoire : le procès AZF sera intégralement filmé par l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Le premier président de la cour d’appel de Toulouse, Jacques Nunez, l’a annoncé, avant-hier, lors de l’audience solennelle de rentrée.
Me Agnès Casero, l’avocate de l’association des sinistrés du 21 septembre, à l’origine de cette demande, se félicite de cette décision au nom de « l’histoire de l’industrie et de la science ». Pourquoi pas…
Sauf que le risque d’amalgame avec une période sombre de notre histoire tout court n’est pas à exclure. Le quotidien régional, dont René Bousquet siégea au conseil d’administration dans les années 60, fait en effet référence aux procès Barbie, Touvier, Papon jugés, eux, pour crimes contre l’humanité et qui s’étaient déroulés sous l’œil des caméras.
Certes, c’est la première fois dans les annales judiciaires qu’un procès en correctionnelle sera filmé en France, mais la Dépêche aurait été bien inspirée de préciser à ses lecteurs qu’à part la présence des caméras de l’INA, les faits qui seront jugés à Toulouse le 23 février n’ont rien à voir avec l’envoi de Juifs vers les camps de la mort pendant la seconde guerre mondiale.
Déjà en septembre, lors de la commémoration du 7e anniversaire de l’explosion, Frédéric Arrou, le président de l’association des sinistrés du 21 septembre, avait cru bon de s’en prendre publiquement aux « discours négationnistes, révisionnistes, outranciers, de ceux qui n’ont de cesse de crier au complot, à l’incompétence des experts, à la manipulation des pouvoirs publics. »
Des propos qui laissent présager un climat délétère pendant tout le déroulement du procès. D'autant qu'il se murmure que Frédéric Arrou devrait écrire une chronique judiciaire tout au long des débats pour le quotidien Libération: un bien curieux mélange des genres...
« La justice doit pouvoir se tenir dans la sérénité », rappelle Monique Mauzac, l'une des parties civiles dont le mari, ingénieur à AZF, est mort dans l'explosion, et qui juge déplacées ces références pesantes à l’Occupation.
M. M.
LES CARNETS D'YVES BERTRAND AU PROCES D'AZF ?, le 23 décembre 2008
C'est fou le nombre de gens qui veulent à tout prix faire dire aux sulfureux carnets de l'ancien patron des RG plus que ce qu'ils ne disent. Dans son dernier numéro, Le Point, encore lui, nous apprend qu'"après avoir été versés au procès de l'Angolagate, les carnets d'Yves Bertrand pourraient s'inviter au procès de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse" (cliquez ici).
Selon l'hebdomadaire, "Me Agnès Casero, avocat de l'une des associations de victimes, qui soupçonne l'ancien patron des Renseignements généraux d'avoir crédibilisé auprès des médias la thèse terroriste, a demandé au procureur de Toulouse le versement au dossier des fameux carnets."
On se demande bien ce qui motive l'avocate toulousaine, militante acharnée de la thèse de l'accident, si ce n'est peut-être le besoin de se mettre en avant depuis qu'un autre avocat, Me Christophe Lèguevaques, lui a volé la vedette en assurant bruyamment, à ses côtés, la défense de l'Association des sinistrés du 21 septembre.
Car si Me Casero avait lu ma Newsletter du 30 novembre et si elle avait fait un petit tour sur le forum de mon site (www.azfsilencedetat.com/forum/index.php), elle saurait qu'Yves Bertrand n'a rien fait pour "crédibiliser" la piste islamiste comme elle le prétend. Non seulement, l'ancien DCRG n'a pas été à l'initiative de ces investigations mais il n'a rien fait pour empêcher leur arrêt brutal, une semaine seulement après leur démarrage et sans que les policiers de la PJ et des RG toulousains n'aient pu aller au bout de leurs enquêtes respectives.
En outre, au risque de me répéter, si Bertrand a réellement fait partie d'une officine fomentant des coups tordus contre les adversaires de Jacques Chirac, comme l'accusent Le Point et Guy Birenbaum dans son dernier livre (Le cabinet noir, ed. Les Arènes), il n'avait aucun intérêt à agiter dans l'ombre la thèse terroriste, sachant que l'ancien président de la République, avait privilégié dès le départ une origine accidentelle. Bien au contraire. Sans doute l'ex-patron des RG a-t-il voulu, comme cela se fait souvent dans le renseignement, se tenir informé de ce que les journalistes "savaient" sur cette piste pour être au courant à l'avance d'éventuelles publications.
Du coup on voit mal comment ces documents, qui font décidément tourner la tête à plus d'un, pourraient contribuer en quoi que ce soit à la manifestation de la vérité sur les causes de l'explosion lors du procès qui s'ouvre le 23 février prochain à Toulouse.
En octobre 2007, Me Casero, qui a de la suite dans les idées, avait demandé sans succès à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse qu'elle nomme un juge d'instruction pour enquêter sur "l'origine des sources du rapport des Renseignements généraux du 03 octobre 2001 qui", selon elle, "nourrit depuis l'explosion et de façon récurrente, la piste erronée d'un attentat terroriste."
Me Casero accusait alors "la société Grande Paroisse et Total" d'en faire "leurs choux gras en initiant des articles de presse et cela avait commencé en 2002 avec un article dans Valeurs actuelles". Faux : comme je l'explique dans mon livre, Grande Paroisse et Total ne militaient pas à cette époque pour la piste islamiste, bien au contraire, mais pour celle de l'arc électrique provoqué par un dysfonctionnement survenu dans l'usine voisine de la SNPE.
Ensuite les premiers articles sur l'hypothèse terroriste ont été écrits dès le début du mois d'octobre 2001, notamment sous ma plume dans Le Figaro. Je fus en effet le premier à révéler dans ce journal l'existence de "l'homme aux cinq slips", comme l'écrit Le Point, à un moment où je n'avais encore jamais entendu parler d'Yves Bertrand et avant même que la note blanche des RG du 03 octobre 2001 n'ait été écrite et transmise à Paris !
La vérité est que ce document a été rédigé par des policiers du service régional de Toulouse au terme d'une enquête effectuée autour d'AZF et des milieux islamistes toulousains, dès le 21 septembre 2001, à la demande du SRPJ. C'est tout. Pas de complot impliquant Total et d'obscures officines semi-barbouzardes. Simplement des flics de base qui ont essayé de faire leur travail et qui ont collecté des informations que la justice aurait été bien inspirée de ne pas mettre sous le boisseau pendant ces cinq années d'instruction qui, au final, n'ont conduit à aucune explication plausible de la catastrophe.
Il y a un peu plus d'un an, Me Casero souhaitait "arriver au procès sans que (cette note) ne vienne encore polluer les débats". Elle risque d'être déçue.
Reagissez sur le Forum M. M.
TUNNEL SOUS LA MANCHE : L'INCENDIE DU 11 SEPTEMBRE EST-IL UN ACCIDENT ?, le 23 décembre 2008
La question est posée dans un article paru dans le tout dernier numéro de la revue "Préventique Sécurité" (n°102-novembre/décembre 2008). La communication officielle autour de cet incendie, survenu sur une navette ferroviaire sept ans jour pour jour après les attentats de New York et Washington, rappelle étrangement celle qui fut pratiquée au moment d'AZF.
Le scénario de l'accident tout d'abord n'a rien à envier, question crédibilité, à celui asséné d'emblée par le procureur de Toulouse, pour qui la détonation du hangar 221 était due "à un processus physico-chimique long et complexe qui s'est déroulé sur 80 ans avant de s'accélérer dans les jours qui ont précédé l'explosion".
Dans l'affaire du tunnel, "on a tout d’abord annoncé que (l'incendie) serait dû à une surchauffe du système de freins d’un camion, avant que l’information ait été démentie par la société Eurotunnel", peut-on lire dans Préventique et Sécurité. "Il est vrai que l’explication avait peu de chance d’être crédible (...). D’une part, parce que les routes d’accès au tunnel sont planes, ne nécessitant pas une utilisation soutenue des freins et, d’autre part, parce que les camions sont stoppés pendant plusieurs heures avant d’être installés sur les navettes ferroviaires, ce qui permet aux moteurs et aux freins de refroidir."
Dans le même temps, le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, excluait catégoriquement l'hypothèse de l'attentat, sans fournir le moindre argument valable. Le bon peuple a donc là encore été prié de croire les autorités sur parole.
Depuis "un silence assourdissant a succédé à l'événement" note fort justement mon confrère qui s'interroge : "en l'absence d'information plus consistante, nous pouvons poser la question : le 11 septembre 2008 est-il une coïncidence ou au contraire un anniversaire ?"
NB : A lire dans le même numéro une analyse très pertinente de l'ordonnance de renvoi du procès AZF, signée par le directeur de la revue, Hubert Seillan. Ce dernier annonce également la sortie le mois prochain d'un livre intitulé AZF Toulouse, un tsunami urbain dont nous aurons l'occasion de reparler.
A NOTER SUR VOTRE AGENDA, le 23 décembre 2008
Je serai présent le dimanche 18 janvier prochain au Salon du livre d'hiver de Montgiscard (Haute-Garonne), près de Toulouse, à l'invitation de Philippe Blomme, le directeur de la librairie Ellipses (251, Route de Narbonne, à TOULOUSE), qui m'accueillera sur son stand pour des signatures.
A cette occasion, je participerai à la table ronde "Critique et médias : influence sur la production littéraire" aux côtés de Jean-Christophe Giesbert et Jean-Jacques Rouch, journalistes à la Dépêche du Midi et de Greg Lamazères, journaliste à TLT.
Venez nombreux
RÉAGISSEZ SUR LE FORUM AU MAIL DE JEAN-MICHEL DECUGIS, JOURNALISTE AU POINT, le 13 décembre 2008
Je publie à sa demande expresse le mail que Jean-Michel Decugis, journaliste au Point, m'a adressé hier soir, en réponse à ma Newsletter du 02 décembre dernier intitulée : "AZF, Le Point n'aime pas qu'on le critique". La controverse porte sur Yves Bertrand, l'ancien patron des RG que Jean-Michel Decugis et ses trois collèges Christophe Labbé, Armel Méhani et Olivia Recasens, soupçonnent d'avoir monté de toutes pièces la piste de l'attentat islamiste avec la complicité de « certains journalistes ». Pour ne pas les nommer, Anne-Marie Casteret, qui n’est malheureusement plus là pour se défendre, et moi-même.
" Cher Monsieur,
J’ai sous les yeux la note des RG de cinq pages à laquelle j’ai fait allusion dans le mail que je vous ai adressé à titre privé et que vous avez cru bon devoir publier sur votre blog. J’écrivais évoquant les notes des RG dont vos écrits sur l’explosion de l’usine AZF se sont largement inspirés qu’il s’agissait de “Cinq pages non “datées, non, signées et comme souvent bourrées d’erreurs”. En fait ces 5 pages sont datés du 3 octobre – cette date amène d’ailleurs de l’eau à notre moulin –mais en aucun cas ne sont “sourcées, comme vous le prétendez. Aucun nom, ni service ne figurent sur cette note.
Je tiens à votre disposition cette note qui figure comme vous le savez dans le dossier d’instruction. Celle-ci vous a d’ailleurs permis d’être relaxé par le tribunal correctionnel du chef de propagation de fausses nouvelles au motif notamment que “l’origine du document pouvait garantir une certaine crédibilité”.
Je vous demande de bien vouloir faire part à vos lecteurs de ces précisions.
JMD "
Pour lire ma réponse et celles des autres internautes, rendez vous sur le Forum à l’adresse : www.azfsilencedetat.com/forum/index.php. Après avoir créé votre identifiant puis votre mot de passe, cliquez sur « Discussions générales » puis sur la ligne « AZF ET LES CARNETS SECRETS DE L'EX-PATRON DES RG : LE POINT A TOUT FAUX ».
Ecrivez ensuite votre message en cliquant sur « répondre » puis envoyez-le en allant sur la case « soumettre ».
De prime abord, ça a l’air compliqué, mais en vérité c’est tout simple.
Au plaisir de vous lire !
MM
LE BLOG DU SITE SE TRANSFORME EN FORUM, le 05 décembre 2008
Je sais, pour les néophytes comme vous et moi, la différence peut paraître très subtile. Avant de me lancer dans cette formidable aventure, avant de créer "mon" site Internet, j'aurais eu bien du mal à percevoir les nuances entre les deux. Pourtant elles existent.
Bien que vous ayez été nombreux à aller sur le blog, plusieurs d'entre vous m'ont signalé son manque de lisibilité, son aspect un peu "fouillis" ainsi que ses anglicismes incompréhensibles et rébarbatifs. En outre, il faisait double emploi avec la Newsletter.
D'où l'idée de le supprimer et de le remplacer par un forum plus clair, plus accessible et surtout plus ouvert. Dorénavant, chacun d'entre vous peut lancer sa propre ligne de discussion sur un sujet lui tenant particulièrement à coeur à propos d'AZF et du procès qui va bientôt s'ouvrir. Alors qu'avant, avec le blog, j'étais le seul à avoir cette prérogative.
Je vous invite donc à utiliser pleinement ce nouvel espace de liberté, d'échanges et d'expression que je mets gracieusement à votre disposition.
Au plaisir de vous lire !
N.B. : les anciens messages qui figuraient sur le blog ont bien sûr été rapatriés dans le forum M. M.
DU NOUVEAU DANS LA REVUE DE PRESSE, le 05 décembre 2008
ECOUTER
L'interview réalisée en direct par Martine Digonnet et Michel Leleux, le vendredi 28/11, de 16 h 30 à 18 h, à une heure de forte écoute (environ 100.000 auditeurs), sur "Altitude FM La Radio du Grand Toulouse".
LIRE
Dans la rubrique "Multimédia", l'article publié la semaine dernière sur le site de "Riposte Laïque".
AZF : LE POINT N'AIME PAS QU'ON LE CRITIQUE, le 02 décembre 2008
Près de 48 h : c'est le temps de "réflexion" qu'il a fallu au modérateur du site Internet du Point pour publier mon commentaire sur l'article consacré aux "dossiers noirs de la République" dans lequel le magazine faisait un amalgame déplacé entre la "piste islamiste d'AZF" et les autres coup tordus qu'aurait fomenté en son temps, Yves Bertrand, l'ancien patron des RG. (voir ma newsletter du 30 novembre). Mais pour cela, il m'aura fallu passer une bonne dizaine de coups de fil et adresser plusieurs mails aux différents responsables du site du Point ainsi qu'aux auteurs de l'article incriminé. De quoi décourager le premier internaute venu...
Mon commentaire est finalement passé ce soir à 20 h 11 mais amputé... de ses deux derniers paragraphes (voir http://www.lepoint.fr/actualites-politique/null/917/0/294885). Comme par hasard les plus critiques vis-à-vis des auteurs de l'article. Je leur reprochais notamment de procéder à l'amalgame évoqué plus haut en ravalant au rang de rumeurs les informations et les faits, pourtant indiscutables, que nous avons mis au jour, Anne-Marie Casteret et moi, au prix de longues années d'enquête et d'investigations tous azimuts. Et surtout je leur demandais de se poser eux-mêmes la question : "puisqu'à vous lire tout n'est que complots ourdis par d'obscures officines, par qui avez-vous été manipulés dans cette affaire de "carnets secrets" ? Le modérateur du site a sans doute estimé que c'était trop vis-à-vis de confrères visiblement plus habitués à donner des leçons qu'à en recevoir...
J'en veux pour preuve le message plein de morgue que m'a envoyé cet après-midi Jean-Michel Decugis, l'un des auteurs de l'article, que je livre intégralement ci-dessous (avec les fautes d'orthographe):
"Cher Monsieur,
Loin de moi tout esprit polémique ! Mais si vous aviez mené une aussi splendide enquête que vous dîtes, Le Figaro n'aurait pas perdu en appel pour diffamation en janvier 2003 contre la famille de Hassan J. Nous savons tous les deux que pour échafauder la thèse de l'attentat islamiste vous vous êtes appuyé sur un blanc des RG : 5 pages non signées, non datées, et comme souvent, truffées d'erreur. Hélas pour vous !
Les policiers de la PJ ont consacré environ 150 procès-verbaux à Hassan J. et à son entourage : son appartement a été perquisitionné, son portable saisi et analysé, son emploi du temps minutieusement vérifié... Et ils n'aboutissent pas vraiment à vos conclusions scientifiques...
Ancien du Figaro, il m'arrive de passer quelques soirées d'hiver avec certains de vos collègues du journal. Sachez que l'on ne rate jamais l'occasion, le sourire en coin, d'évoquer vos prouesses journalistiques...
Après avoir commis tant d'articles sur le sujet, pouvez-vous au moins avoir l'humilité d'attendre le procès sans en préjuger le résultat. Au moins en mémoire de ceux qui sont morts ce jour là..."
Ce à quoi je réponds :
1) que le fait d'être condamné en diffamation ne signifie pas que les faits relatés sont erronés. La compagne de Hassan J. m'a poursuivi pour avoir écrit que "son appartement avait été nettoyé avant la perquisition". Ce qui est l'exacte vérité. Dans le numéro du Point du 09/10 où M. Decugis et ses trois collègues publient leurs premières révélations sur les "carnets noirs" d'Yves Bertrand, on peut lire en p. 84 que JMD a été condamné en diffamation dans une toute autre affaire. Veut-il dire, si l'on suit son raisonnement, que tout ce qu'il a écrit était faux ? Mais ce n'est pas tout. Dans le même numéro du Point, le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, se fend d'un droit de réponse (p 88) dans lequel il reproche à JM Decugis "des comparaisons tendancieuses, reposant sur un postulat parfaitement erroné et mensonger" à propos des relations soit disant "secrètes" qui lui sont prêtées avec Yves Bertrand dans l'affaire de l'Angolagate. Faut-il en conclure là aussi que tout le travail de M. Decugis et des ses trois confrères à propos de l'ex-patron des RG est frappé de nullité ? Enfin, pour en revenir à AZF, JM Decugis omet de préciser dans son mail, parce que ça l'arrange sans doute, que j'ai été relaxé du délit de diffusion de fausses nouvelles pour lequel j'étais poursuivi par le procureur de Toulouse et que six des sept plaignants de la famille J. ont été déboutés en appel.
2) Le blanc des RG était parfaitement "sourcé". Il suffisait de prendre le temps de le vérifier et de ne pas se contenter de répéter, depuis Paris, les propos mensongers de la PJ toulousaine à propos de leurs confrères du renseignement. En outre, contrairement à ce qu'avance JMD nous ne nous sommes pas appuyés uniquement sur cette note. La piste islamiste est étayée par bien d'autres sources, notamment par certains policiers de la PJ qui ont été accusés par leurs chefs de "polluer" l'enquête délibérément orientée dès le départ vers l'accident industriel. Lesquels chefs les ont empêchés de mener des investigations sur cette piste terroriste.
3)Les 150 PV effectués par la PJ sur Hassan J. et son entourage ne signifient rien. Comme je le révèle dans mon livre, la perquisition à son domicile a été menée avec une semaine de retard sur ordre de la hiérarchie policière qui a tout fait pour la différer. Son résultat ne signifie donc rien. La médecin légiste n'a pas pu être auditionnée à cause du véto de la hiérarchie policière toujours. Les contradictions flagrantes dans les déclarations des membres de la famille J. n'ont pas été relevées. La liste est longue... Il suffit à JMD et à ses trois acolytes de lire mon livre.
4) Je n'ai pas besoin de JMD pour savoir que nombre de mes collègues du Figaro ricanent dans mon dos depuis sept ans, non sans me faire de grandes risettes par devant. Et s'il n'y avait qu'au Figaro. Quand je vois le silence médiatique qui a accompagné la sortie de mon bouquin... Ce sont les moeurs du moment. A la prochaine "soirée d'hiver" qu'il passera en leur compagnie, JMD pourra leur dire à tous, "le sourire en coin", que je m'en fiche.
5) Pour ce qui est de l'humilité ou de la compassion vis-à-vis des victimes, je laisse le soin à JMD d'administrer ses sermons à d'autres. Ou à lui-même.. Vu le ton bouffi d'orgueil qu'il use dans son mail, je pense que cela devrait lui faire le plus grand bien. MM
AZF ET LES CARNETS SECRET DE L'EX-PATRON DES RG : LE POINT A TOUT FAUX, le 01 décembre 2008
Si l’on en croit Le Point de cette semaine, la piste islamiste ne serait qu’"une théorie fumeuse" concoctée par Yves Bertrand, l’ancien directeur des Renseignements généraux (RG), dont le magazine publie pour la deuxième fois en un mois quelques extraits de ses "carnets secrets" saisis par la justice dans la cadre de l’instruction de l’affaire Clearstream (voir http://www.lepoint.fr/actualites-politique/null/917/0/294885).
La preuve ? A l’époque, nous aurions rencontré, Anne-Marie Casteret et moi, l’"infréquentable" Yves Bertrand qui aurait pris soin de noter nos noms et numéros de téléphone dans ses fameux carnets. Comme nous n’étions que de pauvres journalistes scientifiques, naïfs et inexpérimentés, nous aurions avalé tout cru le tuyau crevé que nous aurait refilé ce spécialiste des intrigues et des coups tordus. Et voilà comment, selon Le Point, la rumeur du "prétendu kamikaze qui se serait protégé les parties génitales"avec ses "5 slips" dans le but de "monter "entier" au paradis" serait née. Voilà "comment le doute sur l’origine de l’explosion va planer sur toute l’instruction, bien que l’enquête policière ait confirmé l’hypothèse d’un accident provoqué par une erreur humaine."
Désolé de contredire Jean-Michel Decugis, Christophe Labbé, Armel Méhani et Olivia Recasens, qui se sont mis à quatre pour écrire cette fable : il ne suffit pas de recopier au propre les "carnets" d’un ancien patron des RG (que ce dernier qualifie de "brouillons", pour prétendre faire du journalisme. Ce n’est en tout cas pas comme cela que nous avons travaillé sur le dossier AZF, Anne-Marie Casteret et moi, pendant plus de trois ans.
En effet s’ils avaient lu mon livre AZF, un silence d’Etat (Le Seuil, www.azfsilencedetat.com), qu’ils ont pourtant reçu en service de presse, ils auraient appris que la thèse accidentelle mise en avant par la justice est dénuée de tout fondement scientifique et sera rapidement balayée lors du procès en février prochain. Un simple coup de fil leur aurait également évité de raconter d’autres sottises.
D’abord, la piste islamiste n’a pas été "orchestrée" par Bertrand. Elle émane, du reste en partie, d’une équipe de policiers des RG de Toulouse à qui le SRPJ de la même ville a demandé de faire une enquête dès le 21 septembre 2001, jour de l’explosion. "Nous avons pu travailler parce que personne ne s’intéressait nous" m’a confié, deux ans plus tard, l’un de ces enquêteurs dont j’ai rapporté les propos dans mon livre. "Personne": c’est-à-dire leur hiérarchie (dont faisait partie Yves Bertrand) qui leur demandera d'alleurs de cesser leurs investigations sur le champ lorsqu’ils remettront leur fameuse note blanche du 03 octobre 2001, accréditant la piste islamiste.
Je peux également affirmer que Bertrand n’est pour rien dans la fuite de ce document vers la presse et, en tout cas, vers Le Figaro, journal auquel je collabore, qui se l’est procuré par un tout autre canal. La vérité est que Bertrand a été surpris, comme tous les responsables policiers de l’époque, par le contenu explosif (sans mauvais jeu de mots) de ladit note. Et comme le font tous les RG, il a du chercher par la suite, à contacter les journalistes qui étaient au parfum non pas tant pour les « informer » que pour s’enquérir de ce qu’ils savaient sur le dossier. Et pouvoir ainsi être averti d’éventuelles publications.
En y réfléchissant un peu, mes confrères auraient pu aussi se demander comment l’ombre de l’ex-patron des RG aurait pu planer à la fois sur la morgue de l’hôpital Purpan de Toulouse, où une médecin légiste (forcément sous son influence) a découvert la curieuse tenue de Hassan J, et autour du hangar 221 où des chauffeurs de camion (eux aussi sous influence) ont été témoins du comportement agressif et des menaces proférées par J. le matin de l’explosion ? Sans oublier François, le courageux policier du SRPJ de Toulouse, qui a vainement essayé avec son « équipe du 1% » d’enquêter sur cette piste criminelle. Vraiment trop fort, ce Bertrand !
Surtout comment, l’ex-patron des RG, qu’ils accusent d’avoir appartenu à un "cabinet noir" entièrement dévoué à Jacques Chirac, aurait-il pu intriguer pour faire émerger une thèse islamiste allant à l’encontre des déclarations de l’ancien président qui a immédiatement et publiquement privilégié la thèse accidentelle ?
Mais il y a plus grave : en mettant l’hypothèse terroriste d’AZF sur le même plan que toutes "les intoxications orchestrées", selon eux par Bertrand, comme le "non-suicide de Pierre Bérégovoy" ou "la fausse prise d’otages de la maternelle de Neuilly", Le Point fait ni plus ni moins un amalgame facile et dévastateur. Comment faire de l’investigation journalistique aujourd’hui quand toute tentative de démasquer les mensonges officiels, à partir de faits précis dûment recoupés, vous expose à être soupçonnés, par vos confrères eux-mêmes, de faire de la "complotite"?
D’ailleurs se sont-ils eux-mêmes posé la question : puisqu’à les lire tout n’est que rumeurs et complots ourdis par d’obscurs cabinets noirs, par qui sont-ils manipulés dans cette affaire de "carnets secrets"?
Marc Mennessier
OUVERTURE DU PROCÈS LE 23 FÉVRIER 2009 A TOULOUSE, le 27 novembre 2008
Le procès dans lequel l'ancien directeur de l'usine AZF, Serge Biechlin et la société Grande Paroisse, filiale de Total, sont cités à comparaître pour homicides, blessures et destructions involontaires, débutera le 23 février prochain. Il durera au bas mot "trois à quatre mois" selon l'"estimation raisonnable" faite, début octobre, par le procureur de la république de Toulouse, Michel Valet, qui s'est lui-même avoué incapable d'en prédire le terme...
Compte tenu de l'affluence attendue, les audiences se dérouleront non pas au palais de justice, pourtant fraîchement rénové, mais dans la grande salle Jean Mermoz qui contient 1200 places assises, plus deux salles attenantes mises à dispostion du public et des médias.
Il est vrai que, compte tenu de l'ampleur du drame, 229 personnes physiques et morales se sont portées parties civiles. Sans compter les experts et, probablement, la centaine de témoins qui seront cités à la barre.
Au total, ce procès qui s'annonce "exceptionnel", "hors norme", "historique", coûtera autour de 3,5 millions d'euros. Sans doute un record.
Mais entre ces fastes judiciaires et l'indigence du dossier d'instruction, le contraste donne le vertige. Que va-t-on juger au juste ? Sur quoi peut déboucher ce procès à grand spectacle dont les fondations ne reposent que sur du sable, comme je le démontre dans mon livre ? "Compte tenu de la somme des souffrances engendrées par la catastrophe, il y aura certainement un décalage entre le jugement rendu par la justice et les attentes des victimes", a prudemment déclaré le procureur Michel Valet. On est bien loin des affirmations péremptoires de son illustre prédecesseur pour qui l'affaire était réglée à "99%" trois jours seulement après l'explosion...
BIENVENUE SUR WWW.AZFSILENCEDETAT.COM, le 25 novembre 2008
Un espace de parole et de liberté : telle est la vocation de ce site mis en ligne aujourd'hui, trois mois quasiment jour pour jour avant l'ouverture du procès de la catastrophe de l'usine AZF de Toulouse (voir ci-dessous).
Comme je le démontre dans mon livre "AZF, un silence d'Etat" publié au Seuil, la vérité sur ce drame a été occultée dès les premières heures avec la complicité active des médias qui, pour la quasi-totalité d'entre eux, se sont contentés de relayer les inepties "chimiques" des autorités judiciaires.
Pour contourner cette chape de plomb et vous permettre d'échanger vos réactions et vos réflexions en toute liberté, je vous donne rendez-vous sur mon blog dès maintenant et pendant toute la durée du procès. Parallèlement, je vous tiendrai régulièrement informé, au travers de cette "newsletter" de l'actualité relative à ce procès, en particulier à chaque fois que la presse hésitera, refusera ou "oubliera" d'en livrer certains aspects.
Je vous engage également à me contacter, si vous avez été témoin de faits inédits relatifs à cette affaire dont vous n'avez encore jamais fait état et qui pourraient, selon vous, contribuer à la manifestation de la vérité.
Ce site, réalisé par l'agence Nouvelle Campagne, est aussi le vôtre. Ensemble nous allons en faire un instrument d'information indépendant, convivial et efficace.
A bientôt Marc Mennessier
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